Rien n’est plus intéressant que de voir des responsables, vouloir se tirer d’un mauvais pas, dans un contexte rocambolesque .
Je dis ça à propos du CNOM, qui actuellement, joue au « chevalier blanc » dans l’affaire Le Scouarnec
Son scénario est simple (magnifique !) et bien rodé : il ne savait que peu de choses , mais une fois qu’il a « par hasard » découvert toute l’affaire , il a été d’une rigueur extrême pour sévir .
Il a donc adressé des instructions aux conseils départementaux concernés, pour, soit saisir le disciplinaire, soit refuser l’inscription (en transfert) à propos du médecin en cause .
Mais voilà ! Malheur ! Malheur! On n’est trahi que par les siens ! car ces départementaux ( inconscients ? , incompétents ?, en dessous de tout ? ) n’en ont pas tenus compte …
Hé oui, le Conseil Départemental est indépendant dans ses décisions, étant l’organe exécutif de l’Ordre . Du coup, au grand désespoir du Conseil National , ce criminel a été laissé tranquille .
Ha ! si on avait laissé faire le CNOM , rien ne serait advenu !
Voila pourquoi le CNOM est partie civile, dans le procès en question, la main sur le cœur, sûr de son fait, quasiment dans le rôle de la « vierge effarouchée »…
J’arrête là l’ironie et me penche sur des faits, incontestables, eux .
Il faut rappeler que le code de la santé publique donne toute latitude au CNOM pour s’ auto-saisir dans plusieurs cas de figure : sur une affaire, il peut de lui même saisir le disciplinaire se substituant au département , de même sur l’administratif, il lui est tout a fait loisible de « retoquer » une décision d’un conseil départemental, entre autres, pour une inscription ( j’ai personnellement connu un cas de ce type dans mon CD)
Alors, simple question, pourquoi rien n’a été fait à Paris pour le cas Le Scouarnec ?
Je n’incrimine absolument pas les juristes du CNOM, dont la compétence est universellement reconnue (ils ont dû faire des suggestions, eux …)
Non, ma question va vers les élus ( les politiques), qui eux, ont la responsabilité de décider d’une conduite devant un tel problème .
Quels ont été les ressorts de l’attitude prise à l’époque ? Saisir les autorités ad-hoc ou prendre à bras le corps le problème, sur Paris, était trop compliqué ?
N’ayant pas la réponse ( je ne suis que départemental ), je dirais juste que jeter en pâture à la vindicte populaire, les élus départementaux, pour se faire « mousser », et se « dédouaner » est indigne, pour ne pas dire mesquin .
Et ça en dit long sur l’estime que porte le national à l’égard des départements. Cela aide bien à crédibiliser leur éternel (et tellement beau) discours sur l’admiration qu’ils portent au travail des départementaux .
Vous comprendrez alors pourquoi notre association s’est créée et existe ( et pourquoi le CNOM ne l’aime pas ), car elle seule peut vous tenir un discours de conseil, d’aide, de vérité. Ce de façon désintéressé et sans aucune chausse-trappe camouflée en retour.
In fine, jouer à Machiavel est un exercice difficile, qui n’est pas donné à tout le monde . Dans ce cas précis, c’est une énorme erreur, qui, d’ailleurs, a commencé à exploser à la figure du CNOM
Par contre, laisser son nom dans l’Histoire est le rêve de tout dirigeant , mais pour l’actuel CNOM se sera dans un contexte franchement pas enviable… j’ignore s’ils l’ont souhaité, mais il est certain qu’ils l’ont « gagné » (si on peut le dire ainsi)
Savoir se taire et « mettre à la cape », quand c’est nécessaire, est tout un art ! Qui n’est pas donné a tout le monde …
Churchill l’a très bien formulé : « vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre,vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre »